dimanche 16 mars 2014

Les réponses des candidats à nos questions: la culture


8-Culture :

- envisagez-vous la création d’un espace multiculturel ?

Anne Dehestru
non. Les Dominicains sont le centre culturel de Guebwiller. Le théâtre devrait être utilisé  plus souvent et avec une offre diversifiée. Le cinéma, réalisation privée, est une chance pour notre ville.
La réhabilitation et la restructuration de l’offre scolaire et périscolaire sera prioritaire. L’Ecole est le 1er lieu de diffusion de la culture.
Francis Kleitz
La création d’un espace culturel multi-activité et alternatif fait partie de nos projets. Nous défendons les expressions culturelles riches et variées, proches des gens et des quartiers. Avec les Dominicains Guebwiller est déjà bien pourvu quant aux formes artistiques plus élitistes. Nous restons néanmoins prudents sur l’échéance de cette réalisation. La première priorité est de faire un état des possibilités financières de la ville.
William Pralong
Oui. Un Pôle Jeunesse et Culture. Valorisation d’un lieu existant dédié à la culture dans toutes ses expressions.
 
Denis Rebmann
Non nous avons assez d’espaces sur le territoire. Je rappele que le théatre a été entièrement refait et répond aux demandes locales d’utilisation de scène de spectacle. Seule ombre peut être au tableau la pratique de la musique même si du travail avec les dominicains est possible et a été fait : de nombreux jeunes ont travaillé dans le cadre des Dominicains qui est depuis peu Espace de Rencontre. Une synergie existe il faut le développer
Christian Haby
Nous gardons la volonté de créer un pôle multi activités pour tous.

- quelles contreparties aux subventions versées allez-vous demander aux Dominicains ?

Anne Dehestru
La contrepartie des subventions versées est l’offre culturelle et le rayonnement qu’apportent les Dominicains à  la Ville. Les élus membres du conseil d’administration  sont associés aux décisions et doivent veiller à  ce que l’offre culturelle puisse attirer un public large et diversifié. Tout Guebwillerois devrait se sentir concerné par un spectacle qui y est donné.  Un souhait : si la diversification de l’offre est une bonne chose, pour que tous  puissent se retrouver dans ce lieu magnifique, les Dominicains doivent veiller à la lisibilité de leur ligne artistique et notamment à proposer un événement spécifique  (un festival) qui identifie le lieu et la Ville et contribue à  son rayonnement et à  son attractivité.
Nous souhaitons aussi que le partenariat avec les établissements scolaires soit renforcé
Francis Kleitz
Nous allons veiller à un meilleur intéressement des Guebwillerois à la vie et aux activités des Dominicains.
William Pralong
Nous constatons un déséquilibre dans les subventions accordées aux associations. Le rôle de la Comcom et du département est de faire en sorte que les Dominicains continuent de rayonner au-delà de la région. La ville et les Dominicains doivent œuvrer main dans la main quant à l’accès à la culture au plus grand nombre. Cela pourrait passer par des projets portés par un binôme Dominicains/Municipalité orientés pour des jeunes, aînés ou défavorisés. De beaux programmes peuvent être mise en œuvre pour Guebwiller, sans dénaturer l’essence même du savoir-faire et des actions estampillées « Dominicains ».  
 
Denis Rebmann
Les Dominicains c’est 44 000 visiteurs par an, chaque fois que l’on parle des Dominicains on parle de Guebwiller. C’est l’excellence sur le territoire. Il est dejà prévu en accord avec le directeur d’avoir plus d’actions dans la ville comme il y a eu au début. Je reste persuadé du choix d’accompagner comme je l’ai fait depuis dès mon arrivée aux affaires les Dominicains.
Christian Haby
Appliquer un tarif préférentiel aux habitants de Guebwiller.

Les réponses des candidats à nos questions: le social


9-Social

- êtes-vous prêt à signer la charte municipale des droits des personnes en détresse proposée par Emmaüs que vous trouverez ci-jointe?

Anne Dehestru
Une charte est censée engager le signataire. Ce document s’apparente davantage à  une déclaration qu’à une charte, car nombre de points ne relèvent pas de la compétence de la commune (droit à  un compte bancaire par ex) et / ou  sont déjà  pris en compte (soins,  droits des enfants à  être scolarisés, ..)
 On ne peut signer des engagements pour lesquels on n’a pas de possibilité d’agir.
En revanche, le droit local d'Alsace-Lorraine, prévoit que " les communes sont tenues d'apporter un secours aux personnes indigentes ". L'article L. 511-2 du code de l'action sociale et des familles, issu de l'article 220 de la loi n 2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale, relatif à l'aide sociale communale pour les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle prévoit ainsi que " toute personne dénuée de ressources et âgée de plus de seize ans doit recevoir de la commune dans laquelle elle se trouve un abri, l'entretien indispensable, les soins et prescriptions nécessaires en cas de maladie ainsi que des funérailles décentes. 
Francis Kleitz
Nous sommes d’accord sur les principes énoncés dans cette charte.
William Pralong
Plutôt que signer une charte dans laquelle seul les droits sont cités, nous allons agir.
En facilitant la création d’un centre d’accueil, d’écoute et de partage élaboré par les associations caritatives et le CCAS. En y exigeant une chambre d’accueil en cas de détresse.
 
Denis Rebmann
A étudier mais pourquoi pas. J’ai augmenté le budget du CCAS fortement, créer lépicerie solidaire en plein centre vile dans la maison de Théodore Deck en partenariat avec caritas, nous avons créer un réseau réel et varié avec tous les acteurs de l’action social. Les actions sont nombreuses et pas toujours connues mais le social restera une priorité sans jamais être non plus un moyen de communication et de propagande. J’ai privilégié les actions et les faits plutôt que les annonces. Le social doit resté encadré et juste.
Christian Haby
Oui vous la trouverez en pièce-jointe.

samedi 15 mars 2014

15 mars 2014: 4ème train en marche


Cette action a pour but d’informer et de sensibiliser les guebwillérois au sujet du retour du train dans notre ville.

Installés autour d’une table conviviale, nous sommes allés à la rencontre des passants pour leur proposer de participer à un petit jeu de questions-réponses.

1. Est-ce que vous savez quand est prévu le retour du train à Guebwiller?
Il n’y a pas encore de date définie pour le début des travaux mais le budget figure dans le plan de financement 2014-2020. Une étude technique est actuellement en cours pour déterminer s’il s’agira d’un train ou d’un tram-train.

2. Depuis quand la ligne de Guebwiller a-t-elle fermée? 
A. 1950
B. 1991
C. 2010
Depuis combien de temps la ligne pour passagers est-elle fermée ?

A.   1969

B.    1976

C.    1986

3. Pourquoi la SNCF a-t-elle décidé de fermer cette ligne?
La ligne de Guebwiller a été une des dernières à fermer, après Buhl, Heissenstein et Lautenbach, car la SNCF a jugé que le transport de marchandise n’était plus rentable.

4. Quelle est la seule vallée dans le Haut-Rhin qui n’a pas de train?
Guebwiller!

5. Est- il vrai que la politique des transports , représente le 2ème poste de dépense pour le Conseil Régional d’Alsace?
Vrai, après le poste Education/formation.

6. Quelle est le coût prévisionnel de la réouverture de la ligne Bollwiller-Guebwiller?
A. 10 millions d’euros
B. 30 millions d’euros
C. 80 millions d’euros

7. Est-il vrai que le Conseil Régional d’Alsace a récemment prévu 20 millions d’euros dans le contrat de Plan Etat-Région pour le financement de la réouverture de la ligne Bollwiller-Guebwiller?
Vrai. Toutefois, la question de trouver les 10 millions restants se pose.

8. Le projet de cette réouverture est-il un des projets les plus couteux à venir?
Faux. Au contraire, c’est même le projet à venir le moins couteux?

9. Actuellement, revient-il moins cher?, est-il plus long? de prendre le train? Le bus? Pour Mulhouse? Pour Colmar?

Guebwiller - Mulhouse

25 km

Temps
Prix
Voiture
33 ‘
6 € ( 3.23 € selon mappy)
Bus
40 ‘
4.05 €
Train
12 ‘+ … : Mulh – Boll
3.90 € + …



Guebwiller – Colmar

25 km



Voiture
29 ‘
6 € ( 3.23 € selon mappy)
Bus
50 ‘
?
Train
12 ‘ + … Col – Boll
5.30 € + ...
 
10. A votre avis, quel est le poids de la municipalité sur ce projet?
 

lundi 10 mars 2014

Une interview parue dans L'Alsace le 10 mars 2014: Nucléaire : pour ne pas dire que nous ne savions pas


Naoto Matsumura, « le dernier homme de Fukushima », qui participait hier à la manifestation antinucléaire à Fessenheim, sera l’invité de la prochaine Caméra citoyenne à Guebwiller, samedi 15 mars. Pour Véronique Berkani, membre du Collectif citoyen de Guebwiller, cette soirée, organisée avec l’association Agir ensemble de Soultz, doit nous faire prendre conscience qu’il est urgent de parer au danger du nucléaire.

L’Alsace : Qu’est-ce qu’une Caméra citoyenne et à qui s’adresse-telle ?
Véronique Berkani : Les soirées « Caméra citoyenne » existent depuis 2008 et ont été créées dans un objectif d’éducation populaire. Elles s’articulent en deux moments : la projection d’un film ou d’un documentaire suivie d’un débat avec des invités « experts ». L’accès est gratuit. Elles étaient initiées au départ par Les Verts, puis organisées en alternance avec le Collectif citoyen de Guebwiller et le Café repaire. Dernièrement, l’association Agir ensemble de Soultz s’y est adjointe.

Comment se porte Naoto Matsumura qui vit toujours dans la zone d’exclusion ?
Naoto a accepté une fois de se livrer à une spectrométrie du corps entier dans le laboratoire d’une université de Tokyo. On lui a seulement dit qu’avec son taux de contamination interne, il ne fallait plus qu’il mange de produits contaminés. Le docteur qui l’a examiné lui a dit qu’il était un « champion des radiations »* mais les niveaux de césium et d’autres métaux radioactifs ne lui ont pas été dévoilés. Naoto, qui a 53 ans, ne sait pas combien de temps il lui reste à vivre. Il sait que dans deux ou cinq ans, les premiers cancers et leucémies apparaîtront et, dans dix ans, les tumeurs. Mais le lien qui le retient à Tomioka est plus puissant que la peur de mourir. Rester sur place est sa façon de combattre.

Comment s’approvisionne-t-il au quotidien ?
Il boit de l’eau de source, mange des boîtes de conserve, du riz et des nouilles lyophilisées, pêche parfois des poissons dans une rivière voisine. Il sort de la zone interdite autour de la centrale pour s’approvisionner en produits de première nécessité. Il lui est arrivé de manger des croquettes ou des boîtes de conserve pour animaux.

Les révélations de Naoto dépassent-elles vos plus sombres inquiétudes ?
Depuis Tchernobyl en 1986, nous savons tous que toutes les informations sur le nucléaire sont biaisées et que, pour se faire sa propre opinion, il faut faire une recherche personnelle auprès des organismes indépendants comme « Sortir du nucléaire », la Criirad… car le lobby du nucléaire veut préserver les marchés à venir. À Fukushima, des milliers de mètres cubes d’eau hautement contaminée se déversent dans la mer depuis trois ans, les coeurs des réacteurs en fusion continuent à s’enfoncer dans le sol, la catastrophe est loin d’être sous contrôle et la région autour de la centrale – et bien plus loin que le périmètre condamné – est un territoire mort, hautement radioactif, et cela pour des centaines d’années. Des milliers de victimes mourront de mort lente sur plusieurs années car la contamination nucléaire est insidieuse.

Vous militez pour une sortie du nucléaire. Mais comment ?
Le choix du nucléaire est fondé sur une indépendance énergétique toute relative, l’approvisionnement en uranium dépend de gisements à l’étranger. Cette énergie n’est pas sans danger (déchets radioactifs…) et elle est très chère car, dans le prix payé par le consommateur, on ne prend pas en compte le démantèlement des centrales, qui devront l’être tôt ou tard. Il faut donc réfléchir à d’autres sources d’énergie qui ne pourront être qu’un pack diversifié d’énergies renouvelables. En même temps, il faut réduire notre consommation, en isolant les bâtiments, par exemple. La centrale de Fessenheim, située sur une zone sismique, présente les risques d’une vieille installation, souvent arrêtée, en panne, très coûteuse en entretien. Elle doit donc être fermée. Mais le démantèlement, qui va durer des dizaines d’années, va aussi créer de très nombreux nouveaux emplois. Pour la région, cela ne changera pas grand-chose, la centrale de Fessenheim était fermée déjà plusieurs fois, et sur des périodes assez longues, sans que rien n’ait changé dans la vie quotidienne. Une soirée comme celle du 15 mars, avec ce témoignage du « dernier habitant de Fukushima », est là pour que nous prenions la mesure du danger avant que cela n’arrive, pour ne pas dire ensuite : « Nous ne savions pas ».

 Propos recueillis par Anne-Marie Tillé

 *Source : Le dernier homme de Fukushima d’Antonio Pagnotta, éditions Don Quichotte, 2013.

Cette Caméra citoyenne exceptionnelle avec Naoto Matsumura aura lieu samedi 15 mars, à 19 h, à l’hôtel de l’Ange, 4 rue de la Gare à Guebwiller. Entrée gratuite.

dimanche 2 mars 2014

Le « dernier homme de Fukushima » à Guebwiller le 15 mars 2014 pour une Caméra citoyenne exceptionnelle

- COMMUNIQUE - 1er mars 2014

Le Collectif citoyen de Guebwiller, Agir ensemble (Soultz) et le groupe local Europe Ecologie Les Verts Plaine 3 Vallées organisent une Caméra citoyenne avec un invité exceptionnel, Naoto Matsumura, le dernier homme à vivre dans la ville de Tomioka, située dans la zone d'exclusion nucléaire des 20 km autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
A l’occasion du troisième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, Naoto Matsumura, surnommé « Le dernier homme de Fukushima »*, sera en France du 5 au 15 mars.
 Son voyage le mènera de Paris à Fessenheim, et se terminera le 15 mars à Guebwiller, avec cette Caméra citoyenne.
Photo Antonio Pagnotta
Naoto est un agriculteur de 54 ans qui a refusé d’être évacué en avril 2011 de la zone interdite autour de la centrale nucléaire Daiichi dont trois réacteurs ont subi la fusion des cœurs. 200 000 personnes ont été évacuées de la zone de 20 km autour de la centrale. Trois ans après des catastrophes nucléaires en série – la fusion des cœurs 1, 2 et 3, les explosions des unités 1, 2, 3 et 4, la perte de confinement des réacteurs 1, 2 et 3, le problème des piscines de désactivation qui n’ont pas d’enceinte de confinement… - Daiichi continue à polluer l’air, la terre et, massivement, l’océan Pacifique.
Selon les estimations officielles de décembre 2013, Daiichi a déjà rejeté le double de la radioactivité de Tchernobyl. Le choix de Naoto Matsumura de rester sur place pour s’occuper des animaux survivants et son franc-parler en ont fait une figure emblématique de la résistance du monde agricole contre la technocratie nucléaire. Il a notamment fondé l’ONG Ganbaru Fukushima (http://ganbarufukushima.blog.fc2.com).
Naoto vient raconter la vie au jour le jour après la catastrophe, telle que nous pourrions la vivre ici, autour de Fessenheim.
Haut-Rhinois, Alsaciens, Français, nous ne pouvons fermer les yeux sur cette réalité et avons besoin d’entendre ce que Naoto a à nous dire. Trois ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, ce sujet reste plus que jamais d'actualité. Il est urgent d'entamer la transition énergétique et de sortir du nucléaire en France.

Soyez nombreux à nous rejoindre pour cette Caméra citoyenne exceptionnelle. La première partie de la soirée sera consacrée à la projection d’un film sur la catastrophe de Fukushima volontairement court, afin de laisser toute la place au témoignage de Naoto et aux échanges avec le public.

*Titre du livre du photojournaliste Antonio Pagnotta qui est consacré à Naoto Matsumura, mars 2013, éditions Don Quichotte.

Samedi 15 mars à 19h 
à l’hôtel de l’Ange, 4 rue de la Gare à Guebwiller. 
Entrée gratuite. 
Contacts Véronique Berkani : vberkani@orange.fr / 06 29 38 13 05
Patrice Knorr : patrice.knorr@wanadoo.fr / 06 85 10 16 99
http://collectifcitoyen-guebwiller.blogspot.fr
http://agirensemblesoultz.wix.com/florival
http://www.lesvertsguebwiller.com/index.htm
www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com
________________________________________
La venue de Naoto en France est organisée par:
Catherine Connan enseignante,
Pierre Fetet, auteur du blog http://www.fukushima­blog.com,
Cindy Gentner, militante écologiste,
Jérôme Grulois militant écologiste,
Lionel Lebaut militant anti-nucléaire,
Antonio Pagnotta photojournaliste auteur de l’ouvrage «Le dernier homme de Fukushima ».

Les associations partenaires sont:
le groupe local de Greenpeace Strasbourg,
Stop Fessenheim,
le CSFR (Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin),
Stop Transport Halte au Nucléaire,
Vosges Alternatives au Nucléaire.

jeudi 13 février 2014

Les déchets

Au lendemain d'une réunion publique désolante par le niveau des interventions de la salle, il nous semble important de rappeler certains principes.
Pour cela, nous publions l'intervention de Christian WEISS faite à l'occasion du débat sur les déchets lors de notre forum social le 13 septembre 2013.


POLITIQUE DES DECHETS     

Par Christian WEISS

JE ME PRESENTE

J'étais élu au Conseil Municipal de Murbach et je suivais les dossiers du District sans être délégué intercommunal car je savais bien que la « politique du territoire » se faisait au sein de cette collectivité et non plus dans les conseils municipaux qui ne faisaient que valider ce qui avait été discuté et voté ailleurs....

Au mandat suivant, j'ai été aussi élu comme délégué de la commune auprès du District puisque mes collègues voyaient bien mon investissement en temps pour bien les informer sur des dossiers traités avec un autre éclairage que ce que leur racontait maire et adjoint qui étaient leurs représentants-délégués jusque là. J'étais alors le seul conseiller municipal délégué puisque tous les autres étaient maires et adjoints. Ce fut aussi le moment où le District devient Communauté de Communes, où M. Haby cède son siège. Je suis resté à la Com Com jusqu'en 2011 après les élections Cantonales où j'ai été forcé de déménager.

UNE DEMARCHE COLLECTIVE, POLITIQUE  ET MILITANTE

Impliqué aussi dans la vie politique militante et associative, je faisais porte-voix de ce monde associatif auprès de la Com Com.

Pour moi, il est toujours vital pour avoir de la crédibilité et rester près de la préoccupation de la population d'être sur deux terrains, à la fois l'associatif citoyen et dans les instances décisionnelles.

Ce n'est qu'ainsi qu'on peut faire avancer les dossiers et faire évoluer les décisions.

J'ai appris aussi que pour arriver à changer les choses, il faut être persévérant, patient et surtout cohérent, tenace, ne pas traiter trop de choses à la fois, mais une chose après l'autre.

Ainsi, avant le dossier des déchets, nous nous étions battus (avec les copains des associations et du parti) pour une plus grande justice concernant l'assainissement non-collectif où après une bataille de 3 ans, nous avons obtenu la rétrocession de cette compétence aux communes et la fin du paiement d'une seule redevance pour des services inégaux. Ce fut une première victoire, quasi seul contre tous au sein de la Com Com, mais avec les copains de l'association que nous avions crée, l'ADUA, pour aller devant les tribunaux.

DECHETS

Après l'assainissement non-collectif, on a commencé à travailler sur la problématique des déchets en 2004. Quelle était alors la situation ?

En 1999, on en était à 245 kg/hab/an de déchets non-triés (OM) et 184 de déchets triés ;

En 2005 ; OM non-triés 240 kg, triés 264 kg.

Il y avait en place :

  • une collecte hebdomadaire au porte à porte des déchets non-triés qui allaient à l'incinérateur d'Aspach-le-Haut et dont les résidus hautement toxiques étaient déversés à la décharge de Retzwiller.
  • une collecte hebdomadaire au porte à porte des sacs de déchets triés (papier, carton, plastique, aluminium,...) qui étaient ensuite recyclés, valorisés-revendus
  • les collectes étaient effectuées par une entreprise privée qui imposait ses tarifs en augmentation permanente
  • deux déchetteries à accès gratuit limité en volume (Buhl et Soultz)
  • quelques points d'apport volontaire
  • le paiement du service (collecte et traitement) au travers de la TEOM (taxe Enlèvement des Ordures Ménagères) dont le montant était établi en fonction de la Taxe Foncière sur la propriété et donc totalement inégalitaire par rapport au volume-poids des déchets qu'on donnait à traiter.

La bataille de l'incinérateur

Dans le Haut-Rhin, il y avait trois incinérateurs (Colmar, Sausheim, Aspach) dont le dernier était obsolète et émanait des particules toxiques (dioxines, furanes et autres) qui se fixaient dans les graisses et qu'on retrouvait dans les œufs, le lait, la viande. Elles se déversaient aussi sur les jardins potagers et cultures aux alentours. Le département voulait remplacer l'incinérateur de Aspach, en construire un nouveau pour un coût à hauteur d'au moins 60 millions €.

Cette façon de faire était dans la logique des élus, très conservateurs, qui ne cherchaient pas très loin d'autres façons de faire, mais simplement continuer ce qui avait toujours été, dépenser l'argent public sans discernement en se basant sur des « bureaux d'études de spécialistes », puisque tous les dossiers étaient, selon leurs dires, « très compliqués », « pas aussi simples »....

Pour moi, un homme politique, un élu doit être un peu visionnaire, imaginer la vie, son territoire dans 10 ou 20 ans, se renseigner sur ce qui se fait ailleurs, oser l'expérimentation, être courageux, avoir des convictions, ne pas avoir peur de se confronter à l'immobilisme et au conservatisme ambiants, être prêt à encaisser des coups et des « attaques » basses et blessantes....

Comme pour l'assainissement non-collectif, une association s'est créée afin de se battre contre la construction d'un nouvel incinérateur en expliquant qu'on ne pouvait pas continuer à incinérer en mettant notre santé en danger par les rejets toxiques, continuer à mettre en décharge et polluer l'eau potable, la nappe phréatique avec un volume toujours plus important, que de décider de construire un nouvel incinérateur c'était ne pas réfléchir à d'autres solutions qui consisteraient à diminuer le volume des déchets, de valoriser, trier plus, de trouver de nouvelles filières pour les déchets organiques par la méthanisation, d'agir sur les producteurs de déchets, d'éduquer à acheter autrement, à manger différemment même en privilégiant les circuits courts de distribution et de production alimentaire. Ce fut donc NIAH (Non à l'Incinérateur de Aspach-le -Haut) qui mena ce combat au niveau associatif avec des cycles de réunions d'information, d'interpellation des élus, de manifestations à Cernay et devant le Conseil Général. Au niveau institutionnel, ce combat se mena par quelques élus courageux au sein du SM4 (Syndicat Mixte du secteur 4) qui gérait ce dossier et au sein des différentes Com Com's du secteur 4. Là encore, je fus le seul délégué à la Com Com de Guebwiller au début à mener ce combat et cette réflexion peu à peu suivi par Paul Coleiro (délégué-adjoint d’Issenheim) et plus tard par François Meyer, maire de Jungholtz.

Le discours des délégués de la CCRG (Communauté de Communes de la Région de Guebwiller) était qu'il n'y avait pas d'autres solutions que l'incinération, que le volume des déchets augmentait chaque année. Mais ce qu'ils ne voulaient pas dire publiquement c'était aussi que chaque année l'entreprise qui collectait les ordures augmentait ses tarifs de façon complètement irrationnelle, uniquement basés sur le manque de concurrence et de ce fait exerçait un réel racket des prix. D'autre part, les tarifs d'incinération augmentaient aussi chaque année ce qui faisait que la facture globale des déchets arrivait à des hauteurs impressionnantes.

La TEOM complètement injuste, la RIOM-REOM un système qui responsabilise

Le résultat et seule solution pour ces élus fut donc d'augmenter les taxes et on arriva ainsi en septembre 2005 au vote de l'augmentation de la TEOM de 109 %. Quand on touche au porte-monnaie, cela fait enfin réagir la population et nous avons mobilisé sur ce point financier pour aboutir à une grande manifestation devant le siège de la CCRG en octobre 2005.

Le bureau de la CCRG (présidé par Daniel Weber, maire de Guebwiller) fit donc faire une étude sur les différents systèmes de paiement (taxe ou redevance), une étude (chère) complètement biaisée qui arrivait à la conclusion dictée par le président de la CCRG que les systèmes se valaient et qu'il n'y avait pas lieu de changer. Il n'y avait que 3 délégués pour s'en offusquer. Et là on ne traitait que de l'aspect financier et pas du tout de ce qu'il était possible de faire pour diminuer le volume des déchets, de mieux trier encore pour valoriser et revendre les produits triés.

Il a fallu se battre encore de longs mois, des années aussi bien avec des actions au sein de l'association NIAH que dans les instances pour faire évaluer le système. Cela arriva cependant puisque (et je saute des épisodes dans le détail) en 2008, le projet de construction d'un troisième incinérateur dans le Haut-Rhin fut abandonné, Aspach fermé et il resterait Sausheim, incinérateur récent et Colmar, remis aux normes. D'autre part, nous avons continué à mettre la pression pour mettre en place la collecte des bio-déchets, à informer et éduquer pour diminuer à l'achat le volume des emballages, augmenter la mise en place des plate-formes d'apport volontaire et surtout responsabiliser les habitants en passant du système injuste de la TEOM taxe à la REOM, redevance basée sur le poids réel des déchets non-triés qu'on donne à traiter (incinérer-enfouir).

Une commission de travail fut enfin créée au sein de la CCRG (le président Weber avait entre-temps été remplacé par Marc Jung, maire de Issenheim) et un travail de fond fut entrepris pour arriver à plus de justice pour les habitants et un système cohérent avec un financement équilibré pérenne et maîtrisé du budget d'un montant d'environ 5 millions d'€.

Le résultat, même s'il n'est pas encore parfait, a fait évoluer considérablement le service des déchets sur le territoire de la CCRG :

  • une collecte hebdomadaire des déchets non-triés qui vont à l'incinérateur de Sausheim
  • une collecte hebdomadaire des sacs de déchets triés (papier, carton, plastique, aluminium,...) qui sont recyclés, valorisés
  • une collecte hebdomadaire supplémentaire pour les déchets organiques (avec mise à disposition d'une nouvelle poubelle et sacs biodégradables)qui devraient être à terme traités sur le territoire sur une plate-forme de valorisation énergétique (méthanisation)
  • les collectes sont effectuées par une régie intercommunale de 5 bennes (FloRiom SPL) dont le coût peut donc être contrôlé et maîtrisé
  • deux déchetteries à accès limité en volume avec contrôle par un badge et pesée pour mesurer l'évolution des flux et paiement des excès. Il y a aussi eu une diversification de tri plus fine avec les déchets électriques, les produits dangereux, l'amiante à dépôt gratuit pendant deux ans, une séparation entre professionnels et particuliers,...
  • la mise en place d'une recyclerie gérée par une association pour encore augmenter le tri et la valorisation avant la déchetterie.
  • une démultiplication des points d'apport volontaire
  • l'incitation au compostage individuel par la mise à disposition de composteur à très bas prix et cycles de formation
  • le paiement au travers de la REOM-RIOM (Redevance Incitative des Ordures Ménagères) qui est basée de façon juste collectivement et responsable individuellement sur le volume des déchets que chacun-e donne à éliminer avec une part fixe basée sur le coût de la collecte, du traitement et de 12 levées par an et une part variable basée sur le volume (taille de la poubelle choisie par chaque foyer)
  • une gestion effectuée par les services de la CCRG alors que pour la TEOM c'était le Trésor Public qui le faisait et prenait 6 à 8 % comme rémunération.

Les arguments des conservateurs

La mise en place de cette nouvelle politique qui aurait du se faire depuis 2 ans a été retardée pour permettre une meilleure information et mise en place dans l'habitat collectif dans un premier temps, puis par blocage de certains élus (dont le maire de Guebwiller) selon un argument qui disait que certains foyers qui ne payaient rien jusque là, allait devoir acquitter la Redevance à présent. Sans compter encore ceux qui disaient que le voisin allait remplir leur poubelle et qu'il fallait des cadenas ! Les uns confondaient politique sociale et politique des déchets en sachant que les déchets de ceux qui ne payaient pas avant étaient pourtant pris en charge et payés par la collectivité ; les autres oubliaient qu'on ne pouvait pas remplir plus une poubelle déjà pleine...

Il est aussi des cas où la facture semblera plus élevée que le paiement par la taxe TEOM. Mais ceux-là oublient que le système était totalement injuste. Pour exemple, une personne seule (souvent âgée) dans une grande maison familiale payait très cher alors qu'elle produisait peu de déchets, alors qu'une famille de plusieurs personnes, locataire dans un appartement, ne payait quasi rien alors qu'elle donnait un volume important de déchets à collecter et traiter.

Le territoire de la CCRG, comparativement à d'autres com com's fait aujourd'hui parti de ceux qui ont le meilleur système et le plus complet en place et je suis fier d'avoir contribué (avec quelques rares autres) à cette évolution en sachant d'où nous sommes partis et combien la bataille pour transformer, faire évoluer les mentalités, a été long et parfois douloureux.

Il faudra cependant encore pas mal d'efforts pour continuer à diminuer le volume total des déchets. Le passage à la RIOM qui responsabilise chacun peut y contribuer comme cela s'est remarqué sur la Communauté de Communes de la Porte d'Alsace (Dannemarie) qui, grâce au combat du maire de Manspach, Dany Dietmann, a été précurseur de l'incitativité par la pesée. Là-bas, la moyenne des levées est de 12 par foyer et par an et la collecte moyenne est aujourd'hui de 78 kg/hab/an.

Etat des lieux en 2013 et évolution globale de la politique des déchets
A la décharge départementale de Retzwiller, on enfouie aujourd'hui plus que des D.I.B. (Déchets Industriels Banals) et le tonnage est passé de 225 000 tonnes/an il y a encore peu de temps à 100 000 t/an maintenant avec un objectif à 50 000 t/an en 2020.

Les tonnages brûlés dans les incinérateurs de déchets ménagers (Sausheim, Colmar) diminuent de façon très importante alors qu'il y a peu, on nous disait qu'ils étaient remplis en permanence et qu'il fallait investir pour en construire un troisième, qu'il n'y avait pas d'autres solutions.

Une nouvelle filière se met en place avec les C.S.R. (Combustibles Solides de Récupération) qui font leur entrée en force dans les cimenteries  (Combustion à 1300°) et dans des chaudières spécialisées.
Les Combustibles Solides de Récupération (CSR) sont utilisés pour remplacer charbon-coke et fuel donc en valorisation calorifique. Les déchets utilisés pour fabriquer du CSR sont des DIB et des encombrants de déchetteries de qualité hétérogène ou  trop volumineux. Ils sont composés de bois, plastiques sans chlore, papiers, cartons.....
En l’absence de chlore, il n'y a pas formation de dioxines, mais l’extraction des « plastiques » PVC (Poly Vinyls Chlorure) des Déchets Industriels (DIB) reste malgré tout très préoccupant. En effet,  la réglementation de filtration des fumées de combustion sur les chaudières et cimenterie (1300°) est beaucoup moins draconienne que celles de l’incinération classique (800°).

Mais cela permettra à terme, en continuant de trier, de faire des efforts pour réduire les déchets ménagers à la source, à fermer la voie de l’incinération classique des déchets ménagers en mélange.
C’est là que l’on comprend l’évidence de la nécessité de porter tous les efforts vers la source de fabrication des produits et des emballages de sorte à ce qu’ils ne soient que réutilisables ou recyclables, et non simplement combustibles.

EN GUISE DE CONCLUSION

Je ne voulais pas, dans cet exposé, rentrer dans tous les détails de ce dossier, vous abreuver de chiffres, mais vous faire sentir le cheminement difficile pour arriver à faire changer les décisions politiques vers plus de justice, l'évolution dans la réflexion vers un service cohérent et complet moins soumis au diktat de lobbies de l'environnement. Montrer aussi qu'il faut de la persévérance, croire en ses convictions profondes, travailler sur deux niveaux, au sein d'associations actives avec des relais dans les instances décisionnelles, agir collectivement, resté concentré sur les objectifs qu'on se choisit.

Il ne faut pas avoir peur de passer pour un rêveur, un idéaliste, quelqu'un qui ne connaît rien, se laisser déstabiliser devant des difficultés et des obstacles qu'on placera sur votre chemin, se laisser fragiliser par des attaques verbales blessantes.

Notre force est dans la conviction, notre désir de construire un autre monde possible, plus juste, plus démocratique, plus solidaire.